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Pour prendre un départ sécurisé, recourez systématiquement à un nouveau pilier de cicatrisation

by: Dr. Chandur Wadhwani et Steve Hurson

La cicatrisation des tissus mous de la cavité buccale a récemment fait l’objet d’une étude des plus sérieuses. Les auteurs de cet article nous livrent quelques éclaircissements sur l’influence significative qu’exerce le pilier de cicatrisation sur ce processus.

Barrière à deux zones

La barrière que forment les tissus mous au contact du pilier de cicatrisation standard en titane se subdivise en deux zones: Une zone marginale composée d’un épithélium jonctionnel et une zone apicale composée d’un tissu conjonctif riche en fibres.

Il a été démontré que les propriétés du matériau en contact avec les tissus mous avaient une influence décisive sur la qualité de l’adhésion à la muqueuse. La composition chimique et la topographie de surface du matériau du pilier jouent un rôle déterminant dans la récession des tissus et la prévention des pertes au niveau de la crête osseuse. L’aptitude des cellules à se fixer et proliférer dépend des propriétés hydrophiles de la surface (mouillabilité) et de l’absence de contamination superficielle.

Bien que ces piliers de cicatrisation soient conçus pour un usage unique et étiquetés dans ce sens, certains cliniciens préconisent leur réutilisation ou "recyclage" d’un patient à l’autre pour des raisons économiques. Le nom respect des directives du fabricant paraît pour le moins contestable.

Le pilier de cicatrisation protège les faces internes de l’implant contre l’accumulation de débris et fait office de connexion transmuqueuse initiale entre l’environnement externe et les parties internes du corps humain.

Barrière bactériologique caractérisée par une relation étroite entre l’épithélium et les composants de l’implant, ce pilier contribue à prévenir les risques d’infection, les pertes affectant la crête osseuse ainsi que la récession des tissus mous, autant d’aspects cruciaux pour garantir un succès à long terme.

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Cinq raisons pour lesquelles les piliers de cicatrisation sont exclusivement conçus pour un usage unique

1. Aux termes des directives adoptées par Nobel Biocare, les piliers de cicatrisation proposés par l’entreprise sont conçus pour n’être utilisés qu’une fois.

Les images qui précèdent montrent à quel point les arguments plaidant contre tout réutilisation des piliers de cicatrisation sont recevables (Fig. 1). Quelle que soit la méthode utilisée (autoclave chimique ou à vapeur, lumière ultraviolette, oxyde d’éthylène), la stérilisation ne parvient jamais à recréer la surface intacte du pilier original.

2. Toute réutilisation d’un pilier de cicatrisation à usage unique risque de dégrader sérieusement les performances du produit. Toute stérilisation effectuée en recourant aux moyens suivants : autoclave à vapeur, autoclave chimique, lasers ou dioxyde d’éthylène, est susceptible d’en altérer la composition de la surface en titane et d’affecter défavorablement les cellules concernées.

L’évolution de la topographie de surface modifie la mouillabilité du titane, laquelle affecte l’aptitude des cellules épithéliales et fibroblastiques à se fixer et à proliférer. Ces caractéristiques diffèrent sensiblement de celles d’un pilier de cicatrisation neuf (autrement dit, jamais utilisé auparavant).

3. Un filetage de vis neuf revêt une importance vitale pour l’obtention constante de résultats favorables.

Par ailleurs, le filetage d’un pilier de cicatrisation est susceptible d’abriter une charge microbienne après le retrait de ce dernier. De plus, ce filetage constitue de loin la partie du pilier de cicatrisation la plus difficile à nettoyer (Fig. 2).

Bien qu’il ne soit pas en contact direct avec le tissu cicatriciel, plusieurs études ont confirmé que la contamination et l’usure affectent le filetage au risque d'endommager l'implant.

La contamination risque également d'occasionner un 'blocage' des piliers de cicatrisation sur l'implant. Cette situation extrême risque d’entraîner une extraction de l’implant consécutivement à l’application d’un couple inverse lors de tentatives de desserrage du pilier.

4. Le tournevis risque de ne pas s’engager correctement sur une vis de pilier de cicatrisation réutilisé.

Les débris les plus récalcitrants (Fig. 3) sont susceptibles d’encrasser le site d’insertion du tournevis. Il convient d’observer que les bains à ultrasons ne risquent pas de débarrasser ces piliers de débris aussi compacts. En outre, toute utilisation répétée est susceptible d’endommager mécaniquement la tête de la vis. Diverses études de cas rapportées dans la littérature révèlent que de tels dommages (superflus si l’on s’en tient aux directives du fabricant concernant l’usage unique de ces composants) rendent problématique l’extraction de tout pilier de cicatrisation (Fig. 4).

5. Le nettoyage mécanique d’un pilier préalablement utilisé (surtout en cas d’abrasion au jet d’air) risque d’endommager la jonction pilier/implant, en réduisant par conséquent sa capacité d’étanchéité et en altérant son aptitude à la jonction (Fig. 5 A&B). Diverses études ont également révélé qu’une imprégnation par abrasion du titane plus tendre entraînait une contamination du métal.

Un risque potentiellement coûteux

Si vous prenez ces cinq points en considération, vous découvrirez que les économies potentielles a réaliser par la réutilisation d’un pilier de cicatrisation ne compensent pas les risques avérés pour le patient.

En bref: pour multiplier les chances de fixation des tissus mous, en limiter au maximum l’inflammation et prévenir leur récession éventuelle tout en permettant à l’os de prendre un bon départ, utilisez systématiquement un pilier de cicatrisation neuf!