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La régénération osseuse dans la pratique quotidienne

De Brabandere Stefaan - Dentiste - D.E.S. européen en Implantologie Orale (Ulg)

Historique

Les études montrent que la résorption osseuse spontanée horizontale et verticale de la crête alvéolaire peut être très largement ralentie. À cet effet, les alvéoles sont remplies de constituants minéraux osseux (BioOss de Geistlich ou Mp3 de OsteoBiol), dont il est prouvé qu’ils fonctionnent comme un support, une structure tridimensionnelle prise dans un caillot de sang dans lequel une angiogenèse va commencer par se produire, qui, via une succession de processus, entraînera une régénération de l’os. Cette régénération demande du temps et nécessite l’absence de perturbation au niveau de la zone blessée. Afin d’éviter que des fibroblastes (formation de cicatrices) à croissance rapide et d’autres cellules indésirables ne se développent dans la zone de la régénération osseuse, on a utilisé en 1986, pour la première fois en parodontologie, des membranes (non résorbables ePTFE) (GoreTex), ce qui a donné naissance au terme RTG (Régénération Tissulaire Guidée)  (Univ.Göteborg : Karring, Lindhe&Nyman).

Au cours de la période 1988 -1993, la régénération osseuse pour d’autres défauts osseux (dans des zones édentées) a été étudiée de manière approfondie au moyen de membranes (non résorbables) GoreTex (Dahlin C. Thesis Göteborg, Sweden, 1993). Le terme ROG (Régénération Osseuse Guidée) est apparu dans ce contexte. Le GoreTex donnait de très bons résultats, mais en raison des inconvénients liés à l’utilisation de ces membranes ePTFE non résorbables (probabilité de rejet, de déhiscence, intégration insuffisante avec le tissu environnant, nécessité d’une deuxième intervention pour enlever la membrane), on a commencé en 1996, à introduire BioGide (Geistlich). BioGide est une membrane résorbable de bonne qualité à base de collagène de porc, permettant de remédier aux insuffisances des membranes non résorbables énumérées ci-dessus.

En dépit de leurs bons résultats, ces nouvelles membranes résorbables ne peuvent, elles non plus, pas être utilisées dans tous les cas, principalement en raison de la durée limitée de leur fonction de barrière et d’une solidité insuffisante (notamment résistance aux micromouvements) pour protéger le greffon et le caillot de sang sous-jacents. 

Application clinique

Au cours de la quinzaine d’années ayant suivi cette évolution, de nombreux producteurs ont essayé d’améliorer la qualité des membranes résorbables à base de collagène sur ces points. La manipulation clinique lors du placement est également un critère important. En 2013, Nobel Biocare a ajouté une membrane à base de collagène à sa gamme de produits à implanter, sous le nom de creos xeno.protect. Celle-ci a été produite par la firme allemande Matricel GmbH (Herzogenrath) et mise sur le marché en 2009 après avoir obtenu le label medical device classe III, certifié CE.

Cette membrane présente une haute résistance, même après hydratation, ce qui rend sa manipulation clinique plus facile. Elle est constituée de collagène de porc et de fibres d’élastine de porc. (Les membranes ePTFE de GoreTex étaient extrêmement rigides par rapport à ces membranes résorbables à base de collagène !)

En outre, la structure de la membrane ne contient aucune liaison croisée et nous pouvons compter sur une fonction de barrière de 12 à 16 semaines (en cas d’absence de déhiscence). (Bozkurt, Wessing, et al, COIR 2013). Grâce à une résistance relativement élevée aux déchirures, elle peut, si nécessaire, être suturée ou agrafée.

Patient 1

Dans notre cabinet d’implantologie, nous utilisons quotidiennement des substituts osseux et des membranes. Nous ne pourrions plus nous en passer dans notre gamme de traitements. Nous les utilisons avec les procédés ROG et RTG. Malgré la multitude de matériaux disponibles, il est possible, en effectuant le bon choix, de limiter le nombre de membranes utilisables pour une indication donnée. Normalement, après une extraction, on constate, en cas de cicatrisation spontanée, un taux de conservation horizontale de l’os alvéolaire d’environ 66 %. Avec le procédé ROG, ce taux s’élève à plus de 90 %. On observe également, après extraction, une perte osseuse verticale plus de trois fois supérieure en cas de cicatrisation spontanée qu’avec la technique ROG (Cardaropoli D. et al : IJPR 2012 en 2014).

Les applications les plus fréquentes sont le remplissage alvéolaire (augmentation osseuse avant l’implantation) ou le remplissage de l’alvéole après la pose d’un implant, le remplissage de déhiscences et fenestrations osseuses, le reprofilage du plateau osseux buccal, la protection et la stabilisation d’une greffe osseuse autologue et l’élargissement de la crête alvéolaire en cas d’utilisation du bonesplitting.

Patient 2

Pour un positionnement prothétique optimal des implants au sens de la planification inverse (backward planning), il est souvent nécessaire de procéder à une augmentation osseuse dans les zones atrophiées avant ou pendant la pose d’implants, sous la forme d’une augmentation tridimensionnelle au niveau du plancher sinusien, appelée "sinus lift". En cas d’atrophie verticale du maxillaire postérieure et/ou de pneumatisation augmentée du sinus maxillaire à la suite d’une perte de dents, l’élévation du plancher sinusien est le traitement le plus efficace. En cas de sinus lift externe, nous utilisons toujours un accès latéral, ainsi que des xénogreffes.

La membrane creos xeno.protect peut, en fonction du matériau utilisé, offrir une protection pour la membrane sinusienne ayant fait l’objet d’une élévation, ou, en présence d’une microdéchirure dans cette membrane, empêcher que la matière utilisée pour l’augmentation ne se répande dans le sinus à travers cette ouverture. Dans tous les cas, l’application d’une double couche de membrane de collagène sur l’ouverture pratiquée dans la paroi sinusienne (micro- et macro-antrostomie) et sur la matrice minérale donne de bons résultats.